Welcome in my world…

août 23, 2009

Istanbul
« Il meurt lentement, celui qui ne voyage pas, celui qui ne lit pas, celui qui n’écoute pas de musique, celui qui ne sait pas trouver grâce à ses yeux. »

Voici une citation célèbre du grand poète Neruda, et qui a lui seul parvient à retranscrire et révéler sa vision du monde que je partage allègrement.

J’ai soif d’apprendre, j’ai soif de voir, de découvrir, de rencontrer, de marcher sur des terres inconnues, d’arpenter de nouvelles rues, de découvrir de nouveaux visages, de voir le monde entier s’ouvrir sous mes propres yeux..

Peut-être est-ce là la soif de vivre ?


Dans trois semaines je me verrais transportée dans un pays aussi mystérieux que fascinant, à cheval entre l’orient et l’occident… La Turquie pour laquelle je pars m’exiler pour 6mois afin d’y poursuivre mes études. J’embarque avec moi un ami de classe qui s’avèrera être mon futur fidèle compagnon de voyage : Aubine, avec qui je partagerais ces six mois de joies, de galères, et d’intense labeur au sein d’une nouvelle école étrangère.

Préparation du voyage…

Nous sommes aujourd’hui le 30 août 2009, et dans quinze jours je décollerai pour un aller Paris-Istambul. Je croule sous toutes les formalités administratives à effectuer, et entre les papiers de mutuelle, visa, passeport, et les question existentielles qui m’empêchent de dormir la nuit (à savoir, comment vais je réussir à caser mes cinq paires d’escarpins ainsi que tous mes bouquins fétiches dans ma valise sans dépasser le poids modique de 20kg ??!) ne me laisse guère de répit pour me projeter dans cette aventure… Mon voyage est bien loin d’être organisé, et d’un côté je ne m’en plains pas d’avantage car c’est ainsi que j’ai toujours entrepris chacun de mes périples à travers l’Europe, et ce, jusqu’à présent, sans encombre… Pourvu que ça dure…

Ma devise ? « J’suis une merde, mais j’me démmerde. » Et jusque là, ça à l’air de plutôt bien fonctionner.

Pour le moment je vois la Turquie comme un avant goût de mon grand départ à travers le monde. Une grande aventure que je projette de réaliser à la fin de mes études, une fois diplômée (si tout cela se déroule comme convenu, dans deux ans très exactement). Matériellement, l’héritage de ma grande tante Jeanne (qui fit don de son corps à la science ; une grande dame bien généreuse…) me permettra de subvenir à ce voyage financièrement. Ma volonté est là, presque inébranlable, tout est désormais question de logistique. Où aller, avec quel moyen de transport, partir seule ou accompagnée ??… Autant de questions qui restent pour le moment en suspend. Mais j’espère bientôt voir mon projet mûrir et se concrétiser. Je pourrais mettre tout cet argent de côté, le placer sur un compte en banque, pour plus tard investir dans quelque chose de matériel, je pourrais ainsi m’assurer un avenir avec une entrée dans la vie active confortable. Je pourrais faire tout cela. Mais en utilisant cet argent pour financer mon rêve, j’ai le sentiment de rendre hommage à ma grande tante, elle qui aimait voyager, elle qui donna son corps à la science, j’espère également à mon échelle pouvoir donner un peu de moi même aux rencontres que je croiserais sur mon chemin.

Que cherche-je à travers ce long voyage ?

Je ne saurais vous le dire exactement, la question ne se pose même pas. Ce projet se présente à mes yeux comme une évidence, comme quelque chose d’instinctif. La vie m’a prouvé à travers le décès de mon frère, qu’elle pouvait être si courte et éphémère et en réalisant cette réalité fatale je me dois d’en accepter les règles du jeu. Si la vie est capable de s’arrêter à n’importe quel moment de notre existence, alors pourquoi se mettre des barrières ? Le monde s’offre à moi, je n’ai qu’à tendre la main… Comment vivre assis confortablement dans son canapé, regardant de l’autre côté du téléviseur les atrocités du monde qui nous entoure ? La famine, les conflits, l’insalubrité… Je veux voir de mes propres yeux. Voir pour comprendre, pour savoir. Qui sommes nous, pauvres petits occidentaux, à rouler en voiture climatisée, nous nourrir d’émissions abrutissantes à la télévision, prendre une douche par jour alors qu’à l’autre bout du monde certains se battent pour quelques gouttes d’eau ?? Je ne pourrais pas changer le monde, mais je veux le connaître. Peut-être afin d’y trouver ma place. Quelle est cette quête qui m’obnubile ? Il me semble que la réponse à ma question viendra tout naturellement à mon retour. Ce projet peut sembler utopique pour certains, et j’accorde à chacun la liberté de son propre jugement mais pour cela je citerais une phrase (merci Yann) de Théodore Monod qui me plaît beaucoup : « L’utopie n’est pas l’irréalisable mais l’irréalisé. »

J’ai pleinement conscience de ma naïveté, certains pourront penser que je ne mesure pas à quel point ce défi peut se révéler difficile et je répondrais à cela que ma force réside justement dans mon innocence car c’est elle qui me poussera à aller de l’avant. Si je mesurais pleinement tous les risques et les dangers que peuvent comporter un voyage à travers le monde serais-je toujours aussi sûre de partir ? La peur de l’inconnu ne me retiendrait-elle pas dans mon petit cocon sécurisant auprès de ceux que j’aime ? Je ne nie pas que le choc risque d’être brutal, mais j’accepte d’en prendre le risque. Réussirai-je à tenir, loin de tout, de mes proches, de mon confort quotidien ? Mon voyage en Turquie saura peut-être révéler certaines de mes failles, en attendant la grande aventure.

Pour le moment, comme une élève sage, je m’efforce de respecter notre schéma social, de garder les pieds sur terre, je poursuis mes études jusqu’à l’obtention de mon diplôme, et…

Advienne que pourra.


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